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Des Scientifiques Retractent une Etude Liant les Vaccines et l'Autisme
Jeudi 4 mars 2004
LONDRES, Angleterre (AP) – La plupart des scientifiques impliqués dans l’étude largement discréditée de 1998 qui suggérait un lien entre les vaccinations de l’enfant et l’autisme ont renié leur conclusion.
Dix auteurs sur les treize que comportait l’étude ont signé une rétractation officielle, dont le texte a été rendu public mercredi 3 mars par The Lancet avant la parution du journal médical britannique plus tard dans la semaine.
La rétractation fait suite à la révélation récente que l’auteur principal de l’étude était payé séparément par les avocats de parents qui affirmaient que leurs enfants avaient été victimes de ces immunisations. Certains des enfants impliqués dans l’affaire judiciaire étaient également impliqués dans l’étude.
L’étude a ébranlé la confiance du public dans le triple vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) en suggérant qu’il pourrait être lié à l’autisme.
Les taux de vaccination ROR ont chuté de manière dramatique en Grande-Bretagne et dans plusieurs autres pays européens et ne sont toujours pas remontés, bien que des études ultérieures aient révoqué le lien entre l’autisme et le vaccin.
"Nous souhaitons souligner que, dans ce papier, aucun lien causal n’a été établi entre (le) vaccin et l’autisme, car les données étaient insuffisantes. Toutefois, la possibilité d’un tel lien a été évoquée," s’expliquent les scientifiques dans leur rétractation.
"Les événements qui ont suivi ont eu des implications majeures pour la santé publique. Au vu de ceci, nous estimons qu’il est temps que nous rétractions ensemble officiellement l’interprétation attribuée à ces découvertes dans l’article," écrit le groupe.
L’étude, impliquant 12 enfants, a été conduite environ huit ans après leur vaccination et était fondée en grande partie sur les souvenirs des parents sur l'éventuelle apparition des symptômes de l’autisme au moment des injections.
L’auteur principal, le Dr. Andrew Wakefield, qui travaillait à l’époque au Royal Free Hospital de Londres, figure parmi ceux qui n’ont pas signé la rétractation. Il n’a pas pu être contacté pour commentaires.
Cependant, il a continué à soutenir que l’étude était valable, malgré les découvertes de groupes dignes de foi comme l’Organisation Mondiale de la Santé et l’Institut de Médecine des Etats-Unis.
Les scientifiques ayant signé la rétractation travaillent pour différentes institutions dont le Royal Free Hospital, l’Institute of Child Health à Liverpool, en Angleterre, et l’Université de Cambridge.
Copyright 2004 The Associated Press.
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